C’est un voile si noir qui couvre son visage
Dont elle a voulu ceindre et cacher son image
Et d’un renoncement dans ses yeux et son corps
Qu’elle donne en offrande aux anges de la mort…
Le malheur est injuste quand plus rien n’en délivre
Elle a tari ses pleurs et renoncé à vivre
En mémoire d’un homme aujourd’hui disparu
Qu’elle avait entouré d’un amour éperdu…
Mais elle a refusé ce sort inacceptable
Fidèle et dévouée à l’amour véritable
Qui demeure à jamais malgré le temps qui fuit
Et l’évidence aussi, celui qu’elle eût pour Lui !
Et lorsqu’elle me voit, un douloureux sourire
Dessine sur sa lèvre un Adieu qui chavire
Erigeant sa beauté au firmament du Ciel
Ainsi qu’un sacrifice aux Dieux providentiels !
Son cœur n’est que Bonté dont l’émouvante empreinte
Reste gravée en moi tel l’Amour d’une Sainte
Qui absout les tourments en leur faisant accueil
Alors que je la sais aussi seule en son deuil !
Pourrais-je un jour percer le secret de son âme
Pour lui rendre le droit d’être encore une femme
Qui poserait sa main sur mon front trop fiévreux
Et calmerait son feu d’un souffle silencieux ? …
Lui murmurer sans fin, au moins le saurait-elle,
Sous ce grand voile noir que je la trouve belle
Quand je sens son amour dans sa main que je prends
Que d'un regard si grave elle a rendu si grand...
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Je veux m’enfuir des jours, m'évader de mes nuits,