Ecrire
Comme je respire
Je vais dans les rues de
Montmartre
Et le cimetière m’ouvre ses bras
M’accueillant pour que je ne parte
De ses défunts qui ne m’encombrent pas…
Je marche entre toutes leurs tombes
Et mon mal de penser si fort à toi
En ce silence qui retombe
S’apaise avec Truffaut auprès de moi…
Que donc m’importe la morale
Le temps en ces allées du souvenir
N’est rien au bonheur qui s’installe
Dans cette attente de te voir venir…
Et tu parais d’entre les stèles
Tu es en blanc, tu me vois et tu viens
Et je t’ouvre mes bras comme des ailes
Pour sentir enfin ton corps contre le mien…
Ainsi, au cœur du cimetière
Pouvoir enfin contre moi te serrer
A moi seul, t’avoir toute entière
Et d’un si long chemin me libérer…
Laisser ma main glisser depuis ta hanche
Jusqu’à ta cuisse en fermeté
Quand mon visage sur le tien se penche
Pour m’abreuver de ta beauté...
Et lorsque nos fronts se dament
Pour plonger tes yeux au fond de mes yeux
C'est dans le bleu de ton âme
Que je retrouve goût aux jours heureux...
Serrer ta taille et ta cambrure...
Et sur la peau tout au creux de ton cou
En caressant ta chevelure
Poser ce baiser qui brûle
beaucoup !
Ainsi dans ces calmes allées,
Au murmure des feuillages bruissants,
Parmi les croix des mausolées,
Connaître ces moments si émouvants…
Et garder le goût de ta bouche
La langueur de ton corps abandonné
Ta voix douce qui me touche
Ces gestes d’amour tendrement donnés…
De la magie d’instants si rares
Comme une parenthèse dans le temps
Garder un bonheur qui me pare
De ton être en moi éternellement !
Enfin pouvoir graver au marbre
Les mots d’amour que pour toi je conçois
Ceux que nous dîmes sous cet arbre,
Assis, près de la tombe de
François…